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À Corinthe, Diplôme de 3e année, 2020. Beaux-Arts de Paris. installation view

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À Corinthe, 2020. Beaux-Arts de Paris. installation view

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À Corinthe, 2020. Beaux-Arts de Paris. installation view

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À Corinthe, 2020. Beaux-Arts de Paris. installation view

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À Corinthe, 2020. Beaux-Arts de Paris. installation view

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À Corinthe, 2020. Beaux-Arts de Paris. installation view

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[No title], 2019. Aquarel, oil pastel on photo paper. 35 x 26 cm

À Corinthe, l'hiver, nous jouons autour des grands fourneaux des potiers. Parce que nombre de bols et vases se sont cassées au long des années en sortant de la cuisson ou au four, des tessons de terre sont dispersés partout sur le sol. Des petites arches, des petites bascules. Ils se brisent de nouveau quand nos pieds les écrasent.

C'est un terrain difficile à jouer. Tu cours et c'est comme sur du sable, où le pied, en chaque pas, cherche le fond assez solide sur lequel s'appuyer, se propulser. Ça cliquète et resonne loin dans l'acoustique de la plaine ; une légère brume de fumée s'est mêlée à l'air. Tu perds le courage, tu tombes et voilà, tu t'es fait une coupure au genou.

Souvent, nous passons le temps, les têtes penchées, les yeux concentrés, en cherchant des belles images. Des pieds d'animaux, des fers de lance, des fleurs sur fond noir, rouge, jaune, blanc. Il arrive que nous trouvions une tête, ce qui mène parfois à des disputes.

À deux jets de pierre des fours, un peu cachées par des hautes herbes (les nuages de fumée n'y parviennent à peine), nos trouvailles sont étalées sur un petit monticule. Avec le temps, cela a pris l'air d'un grand animal à écailles, qui aurait, vieux comme le monde, toujours été là ; que nous aurions trouvé un jour, pour désormais y revenir souvent, criant et louant le miracle de son beau dessin.

No Title, 2020. Print on A4 paper